Le 1er symposium de recherche est accueilli par l’université Michel de Montaigne, Bordeaux 3 et l’équipe de recherche Cemic-Greco. Il est organisé conjointement par le programme de recherche ANR "Vox internet", La Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication (SFSIC), le Groupe de Recherche International du CNRS "Netsuds" et le CEMIC-GRECO.
Entre mutations industrielles et expansion des usages, l’internationalisation des échanges communicationnels, grâce aux technologies de l’information et de la communication, met à l’épreuve une nouvelle économie du sens. Economie de l’information, société de l’information et maintenant société de la connaissance, l’émergence de l’internet comme nouvelle infrastructure d’information et de communication mondiale et libérale s’est accompagnée d’un référentiel public promettant des changements sociétaux majeurs, tant au niveau de la liberté d’information, du partage des savoirs que du développement de l’humanité. Les expériences collaboratives se sont multipliées sur des terrains divers. Les processus d’innovation, tant économiques que sociaux, reposent sur des réseaux de connaissance que nous entendons questionner sous deux angles.
Il s’agit, d’une part, de prendre au sérieux la dimension matérielle des technologies d’une manière qui rompt tant avec l’injonction déterministe qu’avec les discours d’anticipation. Le poids des infrastructures et des protocoles, des capacités d’investissement et des accords commerciaux, des conditions de production des contenus et des compétences des usagers, est peu exploré mais décisif dans la construction et la diffusion des connaissances. D’autre part, ces réseaux à la fois matériels et immatériels ne sont pas exempts de rapports de pouvoir générateurs d’inégalités. Tout en favorisant le développement de la créativité et des échanges, ils s’inscrivent dans un contexte d’innovation économique et politique dont les acteurs (pouvoirs publics, professionnels, internautes citoyens et/ou consommateurs) maîtrisent mal les nouvelles règles.
Les recherches en information et communication sont appelées à éclairer d’un jour nouveau la problématique de la connaissance comme objet et concept, produit et relation, processus de subjectivation et rapport au monde. La notion de réseaux fait l’objet de nombreuses tentatives de modélisation théoriques ou empiriques, que l’on parle d’intelligence collective, de social networking ou de chaîne de valeur. Les réseaux de connaissance sont appelés, sous le signe du « partage », à transformer les modalités de diffusion et de légitimation des discours savants, de production de l’innovation et de la richesse, de démocratisation des sociétés et de développement durable. Mais force est de reconnaître que leur émergence et leur déploiement restent confrontés à de multiples « péages » d’ordre économique, politique ou culturel qui ne peuvent être levés par le seul impératif de la technique.
Inviter tant les chercheurs en information et communication que les responsables de la gestion de l’information et de la communication dans les organisations (associations, administrations publiques, entreprises privées, etc.) à réfléchir sur les rapports entre gestion de la connaissance, espace public et bien commun, c’est souhaiter éclairer le rôle des TIC dans la construction sociale du savoir tout autant que dans la construction critique du social. En quoi l’intégration des systèmes informatisés, ouverts et complexes, a-t-elle modifié des logiques d’action organisées ? Quels rapports se sont établis entre ces logiques d’action et leurs contextes sociopolitiques ? Dans cette perspective, les relations entre Internet et connaissance seront appréhendées à travers un jeu d’opportunités et de contraintes pour éclairer différentes questions transversales aux trois sessions du programme : la généralisation de l’expertise et les conditions de sa mutualisation, le rôle de la connaissance dans la création de richesse, l’horizon d’un « bien commun mondial » du savoir qui ne peut relever d’un modèle unique. |